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Patrimoine rural, faut-il tout conserver ?


Le Manet après restauration © D. Huchon. Coll. Musée de la ville D’accord pour tout conserver

« C’est un patrimoine précieux, il témoigne du passé et de nos ancêtres. Si on ne le respecte pas, on se respecte pas. »
(un élu)

« Il n’y a pas un mètre carré ici qui n’a pas reçu la sueur des agriculteurs. Quand les anciens laissent quelque chose, on a l’obligation de le préserver. »
(un habitant)

« Notre devoir par rapport au patrimoine, c’est pas de créer mais de conserver, de maintenir le plus possible. «
(un architecte)


Ferme du Mousseau à l'abandon D.R. Coll. Musée de la villePas d’accord pour tout conserver

« La restauration et l’entretien des bâtiments anciens ont un coût élevé. Pour pouvoir sauvegarder certains sites exemplaires, il faut parfois consentir à en abandonner d’autres. »
(un élu)

« Un patrimoine trop figé peut devenir un patrimoine mort. L’histoire doit évoluer avec son temps et intégrer les nouveaux modes de vie pour continuer de jouer un rôle dans les villes. »
(un habitant)

 

Le point de vue du musée

Un des principes fondateurs des politiques de conservation repose sur une sélection incontournable de sites à préserver. Vouloir tout conserver reviendrait à condamner, à long terme, l’essentiel.

D’ailleurs, la conservation à tout prix du patrimoine est très récente : les agriculteurs, aux siècles précédents, n’hésitaient pas à raser ou à transformer les bâtiments les plus anciens pour des questions de rentabilité de leur exploitation agricole.

Les questions essentielles seraient davantage : sur quels critères s’appuie t-on pour procéder à la sélection des sites à restaurer ? les restaurations sont-elles respectueuses de l’esprit des lieux ?