D’accord pour considérer les Contemporains comme
un patrimoine de la ville nouvelle :
Cette opération signée par Marcel Lods, un des grands
architectes français de l’après-guerre, marquait
une étape historique dans l’architecture du 20e siècle
avec l’emploi de matériaux comme l’aluminium, le
verre, l’acier. Le système de construction « industrialisé » était
révolutionnaire sur le principe d’un grand mécano
qu’on assemblait sur place.
(un architecte)
Les grandes baies vitrées comme les cloisons amovibles marquaient
la volonté de l’architecte d’innover dans la conception
des logements
« On a toujours vu ces immeubles, ils faisaient partie de notre paysage.
Le côté « contemporain » symbolisait l’aventure
de la ville nouvelle, son aspect pionnier et moderne. C’est un peu un morceau
de notre histoire qui a disparu. »
(un habitant)
Pas d’accord pour considérer les Contemporains
comme un patrimoine de la ville nouvelle :
Il a toujours été difficile pour les habitants de s’approprier
cette architecture résolument moderne. Ces principes novateurs
n’ont jamais vraiment fonctionné.
«
Je me suis aperçue que dans le fond, si je voulais démonter
l’appartement, je pourrai le faire. Je vous assure que j’ai
tremblé toute la nuit ! »
(un habitant)
Après deux incendies successifs (1993 et
2000), les habitants prennent peur et réclament un relogement.
Ce fort sentiment d’insécurité conditionne le rejet
de l’ensemble.
Cette situation justifiait leur destruction.
(point de vue unanime
des élus et de la presse)
L’histoire de l’architecture s’est toujours faite
sur des innovations parfois remises en cause par les générations
suivantes. Les Contemporains ont sans nul doute représenté,
sur ce territoire, un exemple important de cette architecture novatrice
et industrielle.
Le quartier de la Grand’Mare à Rouen, autre série
d’immeubles exactement identiques à ceux d’Elancourt
(500 logements, 1966-70) bénéficie actuellement d’une
vaste réhabilitation et est soutenue par une association de
sauvegarde.
A Elancourt, les malfaçons et les risques d’incendie ont
plutôt suscité l’hostilité de ceux qui y
habitaient. Ce projet souligne aussi le décalage qui peut exister
entre une approche visionnaire des architectes et la difficile appropriation
par les habitants.
Le musée grâce aux nombreuses photos du lieu conserve,
pour l’histoire, les traces de ces immeubles qui méritent
néanmoins le statut de patrimoine architectural.