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Immeuble Le contemporain, un patrimoine ?

Plaquette de promoteur N° inventaire : PR. 93.01.23. Coll. Musée de la villeD’accord pour considérer les Contemporains comme un patrimoine de la ville nouvelle :

Cette opération signée par Marcel Lods, un des grands architectes français de l’après-guerre, marquait une étape historique dans l’architecture du 20e siècle avec l’emploi de matériaux comme l’aluminium, le verre, l’acier. Le système de construction « industrialisé » était révolutionnaire sur le principe d’un grand mécano qu’on assemblait sur place.
(un architecte)

Les grandes baies vitrées comme les cloisons amovibles marquaient la volonté de l’architecte d’innover dans la conception des logements

« On a toujours vu ces immeubles, ils faisaient partie de notre paysage. Le côté « contemporain » symbolisait l’aventure de la ville nouvelle, son aspect pionnier et moderne. C’est un peu un morceau de notre histoire qui a disparu. »
(un habitant)


Démolition D.R. Coll. Musée de la villePas d’accord pour considérer les Contemporains comme un patrimoine de la ville nouvelle :

Il a toujours été difficile pour les habitants de s’approprier cette architecture résolument moderne. Ces principes novateurs n’ont jamais vraiment fonctionné.
« Je me suis aperçue que dans le fond, si je voulais démonter l’appartement, je pourrai le faire. Je vous assure que j’ai tremblé toute la nuit ! »
(un habitant)

Après deux incendies successifs (1993 et 2000), les habitants prennent peur et réclament un relogement. Ce fort sentiment d’insécurité conditionne le rejet de l’ensemble. Cette situation justifiait leur destruction.
(point de vue unanime des élus et de la presse)

Le point de vue du musée :

L’histoire de l’architecture s’est toujours faite sur des innovations parfois remises en cause par les générations suivantes. Les Contemporains ont sans nul doute représenté, sur ce territoire, un exemple important de cette architecture novatrice et industrielle.

Le quartier de la Grand’Mare à Rouen, autre série d’immeubles exactement identiques à ceux d’Elancourt (500 logements, 1966-70) bénéficie actuellement d’une vaste réhabilitation et est soutenue par une association de sauvegarde.

A Elancourt, les malfaçons et les risques d’incendie ont plutôt suscité l’hostilité de ceux qui y habitaient. Ce projet souligne aussi le décalage qui peut exister entre une approche visionnaire des architectes et la difficile appropriation par les habitants.
Le musée grâce aux nombreuses photos du lieu conserve, pour l’histoire, les traces de ces immeubles qui méritent néanmoins le statut de patrimoine architectural.